À la base, dans l’esprit Ter-Ter football, on veut toujours se placer du point de vue des joueurs normaux. Essayer de voir en quoi le sujet qu’on traite va les (nous) intéresser. Dans ce cas présent, il faut se poser la question : quel est l’impact des ragots dans le foot pro sur toi, moi, pour nous tous, joueurs ?

Les médias traditionnels du foot couvrent l’actualité du foot pro, et cette actualité est remplie des ragots, que ce soit sur le mercato, la vie des équipes, les relations entre les personnes, ou leur vie privée (et surtout les scandales qu’il peut y avoir, genre sextapes ou autres). Du coup, nous, les joueurs qui nous intéressons au foot, les lecteurs donc, on voit beaucoup ça dans nos actus.

Ce qui est de l’ordre du ragot, des rumeurs (vrais ou mensongères) et de la vie privée est devenu « l’actu ». Pas parce qu’on l’a décidé, mais parce que les médias nous le servent à longueur de journée. On est devenu à la fois prisonnier de ce système et bourreau, parce qu’on continue de cliquer sur ce genre de news racoleuses. Un cercle vicieux… ou vertueux ?

 

Mais c’est bien quand même

La vie privée influe sur le rendement des joueurs, donc c’est de l’info, c’est du foot. On pourrait simplifier la réflexion à ça. Parce que c’est vrai, la vie privée des joueurs à une influence sur leur jeu. Entre un joueur en plein divorce, qui a des problèmes, qui subit peut-être des drames familiaux ou une situation difficile, et un joueur pour qui tout va bien, qui vient de se marier ou autre, l’état mental n’est clairement pas le même.

Le business autour du foot est aussi intéressant. Les évènements qui se passent en coulisses expliquent aussi ce qui se passe sur le devant de la scène, que ce soit le mercato, la politique sportive… Parfois, on manque même d’infos sur les coulisses qui expliqueraient ce qui se passe devant nos yeux : pourquoi tel joueur se retrouve sur le banc ? Pourquoi tel joueur n’est plus appelé en sélection ? Pourquoi tel joueur est écarté ? Etc.

Prenons l’exemple de Neymar et de son transfert au PSG. Il est évident qu’il y a encore aujourd’hui un certain nombre d’informations que nous ne connaissons sur les contours de son transfert, ce qu’il a négocié avec la direction du PSG. Ces éléments d’informations ont un impact direct sur son attitude sur le terrain, sur l’attitude des autres joueurs et la dynamique dans le groupe. Nous savons un certain nombre de choses, qui aident à comprendre pourquoi Cavani voudrait maintenant quitter le PSG par exemple. Sans ces ragots sur les coulisses du club, on serait dans le brouillard.

 

Nan j’avoue, ça casse les couilles

L’un des problèmes des médias aujourd’hui, dans ce sport roi où les enjeux de pouvoirs sont énormes, c’est que les acteurs du foot ont compris depuis longtemps qu’ils pouvaient se servir des médias. Que ce soit un agent (pour vendre des joueurs, négocier des deals, mettre la pression à un club…), un joueur (pour revaloriser son salaire –un classique-, mettre la pression à sa direction, accélérer son transfert….), un club (pour déstabiliser un club adverse, attirer un joueur, vendre un joueur etc…), voire d’autres acteurs qui gravitent dans l’univers du foot, ils sont très nombreux à utiliser ce levier. Il suffit de faire circuler une fausse rumeur, ou de balancer une vraie info (avec un timing précis)… Ou un mix des deux, des fausses informations, au milieu de vraies infos. Les mecs sont forts.

Vouloir tout savoir de son sport, c’est aussi s’infliger tout un tas d’informations inutiles, qui noient les vraies infos dans la masse. C’est s’imposer une masse d’informations parasites. On parle aussi de choses qui n’ont vraiment rien à voir avec le foot et qui auraient plus leur place dans Closer que dans l’Équipe.

Mais les pires excèssont vraiment liés à Internet… C’est le phénomène qu’on connait (et déteste) tous. Les news…

Putaclick

Le mot est lâché. Clickbait en anglais.

C’est une problématique qui a plus à voir avec l’économie du net et de la presse Internet en général, qu’une spécificité du foot. On subit des clickbait partout, tout le temps. Le principe ? Un titre racoleur, pour nous inciter à cliquer sur un lien, alors que le contenu réel est creux, inutile et médiocre. De la publicité mensongère, tout simplement. Le cancer d’Internet.

Un exemple dont j’avais parlé en story sur l’Intragram @terterfootball un jour : une news sur Usain Bolt qui s’entrainait avec le Borussia Dortmunt. La news avait un titre accrocheur. Elle laissait entendre que Bolt avait réalisé un super dribble et avait mis un petit pont SALE, lors d’une opposition à l’entrainement. Forcément, je veux le voir pour le croire. Et évidemment, c’était une arnaque. La vidéo montrait Usain Bolt rater un contrôle et mettre un petit pont tout naze, sans faire exprès, à un joueur qui ne s’attendait pas à ce que Bolt rate un contrôle facile comme ça. C’était clairement anecdotique. Et même si on voulait en faire une news, la décence aurait voulu qu’on ne mente pas sur la marchandise comme ça.

 

Une fois, deux journalistes de l’Équipe m’ont raconté qu’ils se sentaient parfois prisonniers eux-mêmes, frustrés et tristes de voir qu’une news pourrie, pondue en 5min, pouvait exploser les charts (en terme de vues, de likes, de commentaires…), alors qu’un dossier sur lesquels ils auraient travaillés dur pendant des jours (n’exagérons rien quand même) pouvait faire un flop. Effectivement, dur de garder la foi et la motivation dans ce cas-là. C’est le serpent qui se mord la queue.

Il faudrait des médias qui auraient le courage de rejeter totalement ce genre d’actualité putaclick pour se consacrer sur le fond, avec le risque réel de voir le média mourir pour sa cause (c’est ce qu’on essaye de faire avec Ter-Ter !)… Le problème c’est qu’on (le public) est ingrat. Si demain les gros médias virent toutes les news polluantes, il est certain que leurs stats de vues vont chuter. C’est le vice.
Surtout que d’autres médias n’auraient aucun scrupules à s’en emparer et gagner des parts de marché en bourrinant de news clickbait. Et ça marcherait ! Ça marche déjà…

 

Stuck between a rock and a hard place

Le fait d’avoir toutes ces infos a des conséquences positives (on connaît parfois un peu mieux les situations, les tenants et aboutissants) et négatives (trop d’infos inutiles, de fausses informations, de trucs qui ont rien à voir avec le foot, etc).

Vouloir en finir avec les ragots dans le paysage médiatique du football professionnel est un souhait respectable. D’une certaine façon, c’est accepter une part de mystère, accepter de ne pas tout connaître, tout savoir des coulisses du business… Au nom d’un certain respect de la vie privée des acteurs du foot. Parler de terrain, et uniquement de terrain.

D’un autre côté, quand on est passionné, il est légitime de vouloir en savoir plus, comprendre tous les éléments qui peuvent être liés à ce qui se passe sur le terrain, et il serait naïf de penser que la vie privée des joueurs et les dessous des organisations n’ont pas un fort impact sur la réalité du sport en lui-même. Se passionner pour le sport c’est prendre du plaisir à l’analyser, et l’analyse est impossible sans avoir un maximum d’éléments d’information.

qu’est-ce qu’on préfère avoir dans son feed d’actualité foot ?

De plus, dans un sport aussi mainstream et régit par l’argent que le football, le peuple peut constituer une certaine forme de contre-pouvoir, qui va (au moins un tout petit peu) limiter les magouilles et excès des acteurs du milieu. Et pour ça, il faut qu’on sache tout ça. Sinon, ils peuvent magouiller dans l’ombre, sans aucun obstacle.

Alors, qu’est-ce qu’on préfère avoir dans son feed d’actualité foot ? Quelques vraies infos intéressantes, au milieu d’une marée de pollution, de rumeurs de sextapes et d’informations pourries ou fausses, comme c’est le cas actuellement, ou une information épurée de tout ça… et incomplète ?

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